Pour cet article dans la nouvelle série ‘Faites la Connaissance du Pro’ nous avons interviewé Merijn van den Berg des Pays-Bas, également connu sous son pseudonyme de Voisin Bananes. Merijn a un canal très prisé sur YouTube, visionné par plus de 123.000 abonnés, dans lequel il construit des parcours de trains LEGO® incroyables. Nous avons demandé à Merijn quels sont ses projets favoris et ses sources d’inspiration.
ToyPro: pour commencer, de quels projets sur votre canal YouTube êtes-vous le plus fier, et pouvez-vous nous dire quel était votre plus grand défi lors de la construction de ces projets ?
Merijn: mais oui, bien sûr!
Le DreamRide est mon plus beau projet. J’ai eu l’idée pour DreamRide parce que la technique m’intéresse beaucoup, me passionne même. Je me suis rendu compte de ma créativité en matière de placement d’éléments dans un décor, les portes DVD en constituent un exemple. Je me considère artiste multifonctionnelle, ainsi, je dispose d’une multitude d’objets divers utilisables dans les constructions des ‘ride ’. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de la construction de décors, mais bien plutôt d’un arrangement total: le timing des visuels avec la musique, l’atmosphère de la musique, l’ordre des thèmes, les moments forts pendant le ‘ride’, l’aspect technique en ce qui concerne le courant électrique, la lumière, le son et le mouvement. Il y a de gros câbles multifilaires qui parcourent toute la maison. Tant de technique que l’on n’aperçoit pas de visu. C’est un projet multifonctionnel qui est parfaitement assorti à mon savoir-faire. Evidemment, il y a des choses qui m’échappent aussi, et des problèmes auxquels je me trouve confrontés. Mais je considère que ce sont des défis.
Le DreamRide a été visionné plus de 2 millions de fois. Pour ce qui concerne le modèle financier, il s’agit en fait d’un simple hobby, avec les centaines d’heures de travail que j’y ai investi. Toutefois, le projet me tient tellement à cœur que je suis en train de construire un vrai studio DreamRide entièrement équipé. J’ai loué un espace, et depuis un an j’y travaille régulièrement. Je souhaite tout automatiser pour cette nouvelle version. A cette fin, j’ai déjà construit plusieurs systèmes électroniques, avec Arduino’s entre autres. J’ai aussi développé les logiciels pour la commande du ride et tous les éléments. Il y aura 32 caméras pour le suivi automatique du train dans le nouveau DreamRide, surtout pour le contrôle du ride et pour bien programmer les éléments. Mais il faudra encore attendre un peu la fin de ce projet, parce qu’il représente énormément de travail. J’essaie de construire pour quelques milliers de d’euros un projet pour lequel un parc d’attractions paierait facilement des millions.
J’ai eu l’idée du looping lorsque mon amie Laura me suggérait de construire dans l’escalier de la maison un parcours de 6 mètres pour faire crasher le train. Je l’ai fait crasher à travers une vitre, un gâteau, un train rempli de pièces de monnaie et des stores devant la fenêtre. Pendant la construction de ce parcours à inclinaison j’ai tenté d’augmenter le suspense : ´Ne serait-ce pas génial que le train fasse un looping aussi? Pas seulement un petit wagonnet, non, un train entier comme on les voit en magasin!"
Pendant la réalisation’: vidéo du Vertical Train Loop LEGO®
Voilà ce qui s’est avéré compliqué, la construction m’a pris 6 mois environ. Je me retrouvais sans cesse confronté à de nouveaux problèmes ; à l’aide de calculs mathématiques j’avais étudié ce qui devait pouvoir fonctionner. Mais je devais attendre la fin pour savoir si ça marchait vraiment. Supposez que non, que ça ne marche pas? Tout mon travail aurait été pour rien. Jamais encore j’avais élaboré un projet aussi volumineux, la cage d’escalier de notre maison était juste assez grande. Heureusement que les voisins n’ y voyaient pas trop d’inconvénient qu’ils devaient de temps à autre traverser le looping en entrant ou en sortant ! Et heureusement, le looping marchait, à l’exception de quelques fois, mais nous avons quand-même récolté des images de crash spectaculaires!
Outre la construction d’un looping réussi, le défi ultime consistait à retrouver toutes les pièces sautant dans tous les sens pendant le crash. Peu de temps après, je me suis procuré un train ‘donneur’ pour que je puisse rapidement continuer les prises d’images du film.
Autour du vieux bassin dans le jardin de chez mes parents, j’avais construit un petit parcours ferroviaire. En montant le tout, j’ai eu l’idée d’’ impliquer le bassin un peu plus. J’ai pensé que ce serait terriblement cool que le train traverse carrément l’eau. Ce bassin était plein de boue, il fuyait et avait besoin d’être remplacé. J’ai donc décidé de le remplacer et de construire entretemps un bassin temporaire pour le train LEGO®. Toutefois, il s’avérait problématique de diriger sous l’eau le train bourré d’électronique. C’ est pourquoi j’ai trouvé la solution d’un tube en verre pour y faire passer le train sans le mouiller, tout en nous permettant de visionner le monde sous-marin.
Pendant la réalisation: vidéo du Train Sous-marin LEGO®
Le plus gros défi consistait à rendre étanche les extrémités du tube. Après de longues réflexions, j’ai trouvé la solution: la chambre à air d’un vélo et un collier pour tubes.
Je suis toujours à la recherche d’endroits particuliers pour faire circuler le train LEGO®. Les environs sont importants, comme il s’agit du décor et de la vue depuis le train. Je cherche en ville, à la campagne et l’internet pour les trouver, et bien sûr, voici la localité nec plus ultra. Un terrain plein d’anciens tramways, un train, des accessoires ferroviaires et une multitude d’objets farfelus.
Le plus grand défi consistait à impliquer tous les tramways dans la vidéo. Le terrain était immense! En fin de compte, le train LEGO® ne longe aucun des tramways. Il fait savoir choisir, voir ce qui est faisable. Le vent soufflait à force 7, ce qui ne facilitait pas le travail des drones – rien que pour les images filmés par drone nous avons dû y retourner encore deux jours.
Sur YouTube, je me suis mis à 'chatter' avec l’un de mes abonnés. Plus tard, il m’a parlé d’un grand projet LEGO® auquel il travaillait. Un spiral de train LEGO® de trois mètres de haut qu’il construisait comme pôle d’attraction pour le propriétaire d’un magasin de jouets en Roumanie. En voyant la première photo je n’ai pas hésité une seconde, illico j’ai acheté un ticket direction Roumanie.
Le plus grand défi consistait à ne pas faire crasher accidentellement la spirale! Un moment atroce s’est produit lorsque le train portant la caméra a déraillé au sommet de la spirale. A l’arrière, un endroit difficile à joindre, même à l’aide d’une très haute échelle. En tombant, le train à caméra a détruit un vaisseau pirate LEGO®. Heureusement que LEGO® permet de tout remonter et réparer. Je me suis retrouvé à quatre pattes dans un magasin de jouets pour assembler un vaisseau pirate! La caméra n’ayant pas arrêté de tourner pendant le crash nous a laissé des images spectaculaires.
ToyPro: votre passion pour LEGO® date de quand?
Merijn: enfant, je jouais beaucoup au Duplo et LEGO®. Plus tard, je possédais un train LEGO®, mais le parcours était petit en fait. Il y a 15 ans, je me suis installé chez moi dans un petit studio. A présent que j’avais un chez moi, je souhaitais avoir un parcours un peu plus long, mais l’espace était réduit quand-même. J’ai décidé alors d’accrocher le parcours au plafond et de le faire traverser toute la maison. Ainsi, j’ai pu me construire un parcours plus long.
Le premier long parcours de Merijn accroché au plafond de son studio.
ToyPro: qu’est-ce qui vous plait tant dans la construction des parcours ferroviaire LEGO® ?
Merijn: On dirige son train sur son parcours et puis il va suivre le trajet que vous avez déterminé. Le moteur n’est pas très intelligent: il avance ou il recule. Mais lorsqu’il est installé dans un modèle de train LEGO®, celui-ci se met à ‘vivre’. La magie se crée devant les tunnels, les ponts, les échangeurs, tout ce qu’on aperçoit le long du parcours, et les wagonnets qui suivent tranquillement leur locomotif. C’est un système clair et prévisible, qui procure un certain calme: voyez les rails comme métaphore de rails de protection, de guide. Voici ce que beaucoup de gens recherchent dans la vie. Derrière un simple jouet se cache une couche plus profonde. Mais évidemment, mon premier plaisir concerne l’aspect de fantaisie, l’idée que les minifigures LEGO® partent en voyage. Cette fantaisie touche quasiment à la réalité, grâce à la caméra placée dans le train qui reflète ce que verrait le machiniste depuis sa cabine.

L’enregistrement de son et d’images m’a toujours passionné et date du jour où ma mère me racontait que l’on peut écouter une cassette mais également s’en servir pour enregistrer sa propre voix. Quelle découverte! Enfin je savais à quoi servait ce bouton rouge! Les années suivantes j’étais toujours équipé de mon magnétophone pour faire des enregistrements, des reportages en quelque sorte. Ensuite ma mère m’a offert un vieil appareil reflex, et je me suis mis à prendre des photos. Voilà d’où vient ma passion pour un ‘cadre’, pour une histoire en images. A l’époque on faisait encore développer et imprimer les pellicules en magasin photo. Il n’y avait pas d’écran sur l’appareil photo, il fallait attendre des jours, des semaines, pour voir si une photo était réussie, sans compter le prix assez élevé des pellicules, du développement et de l’imprimerie.
En 1995 j’ai trouvé une vieille caméra aux puces. Un petit appareil simple qui n’était pas en état de marche mais qui me permettait de regarder, de manipuler le zoom, d’imaginer des ‘shoot’. Je réalisais des reportages entiers sans pellicules, mais j’ai pu bien m’entrainer. A 12 ans, je me suis mis à réaliser des films avec la caméra vidéo de mon grand-père. A 15 ans il m’a offert ma première caméra vidéo, une Sony Video8 pour grands amateurs. De nouveau, je filmais sans cesse dans mon entourage, ce qui me gagnait le surnom : ‘Merijn-avec-le-caméra’. Cette même année j’ai été embauché comme bénévole à la station TV locale, comme caméraman et éditeur. A l’aide de l’un des premiers ordinateurs à montage de films, je réalisais des reportages d’actualités, émis à la station TV locale. C’est génial, cette idée que tout le monde voit ce que tu as réalisé!

Cette expérience en poche, j’ai essayé de me faire embaucher à la télé nationale aux Pays-Bas. J’avais une vieille Mobylette pour parcourir les 50 km qui me séparaient du travail, où j’avais été embauché comme porteur de câbles par un bureau intérimaire. Cela consiste à suivre le caméraman pour éviter qu’il trébuche pendant qu’il filme, et pour aller lui chercher du café. A l’époque, le monde de la télévision était formidable, et j’en profitais. Par le biais de petits boulots j’ai pu développer mon expérience, pour enfin monter ma propre boîte en 2001. Je filmais, je montais des reportages, des films de promotion, des pubs, des programmes de télé et des films. Mais je travaillais toujours sur commande, sans avoir la liberté totale concernant le produit final.
Après la crise de 2008, où j’ai failli faire faillite, en 2010, j’ai pris d’autres commandes aussi, j’ai monté d’autres petites entreprises, la télévision proposant moins de travail. YouTube débutait à cette époque, et j’espérais depuis toujours qu’un jour il y aurait une plateforme pour me permettre de gagner de l’argent avec mes films, pour me créer ainsi mon propre ‘job’. En 2012 YouTube a ouvert le modèle de publicité permettant aux réalisateurs des films de toucher une part des revenus publicitaires. J’avais déjà publié la vidéo du parcours ferroviaire au plafond, et ce film avait été souvent visionné, ce qui m’a donné envie d’élaborer l’idée. Voilà le début du canal YouTube.
ToyPro: vous avez un objectif devant vous?
Merijn: il m’est difficile de prédire l’avenir du modèle d’entreprise à YouTube et de réaliser à chaque fois un film largement visionné par un grand public. Je réalise de jolis films avec les trains, qui me coûtent beaucoup de temps et d’argent, tandis qu’en fait, ce qui se visionne bien à YouTube, ce sont les logs et les vidéos nécessitant peu de temps.

Ainsi, mes revenus n’évoluent que relativement lentement. C’est mon travail, mes revenus en dépendent. Un mauvais mois à YouTube ne me permet guère d’acheter de nouveaux trains LEGO® ou de visiter de nouvelles localités pour les trains. Mais bon, ce n’est pas grave, tant que je puisse faire ce qui me plait! Je ne sais pas ce que m’apportera l’avenir, et c’est peut-être mieux ainsi, il ne faut pas chercher à tout savoir à l’avance. Et qui sait, un jour nous pourrons peut- être faire rouler un train LEGO® sur la lune. Hahaha!
ToyPro: vous auriez des conseils à donner à nos lecteurs?
Merijn: soyez créateur, utilisez les matériaux que vous possédez déjà. On n’a pas toujours besoin de passer aux achats, à l’aide de moyens simples et d’un téléphone portable (avec caméra) on peut réaliser de très jolis films ! Avec très peu de rails on peut aussi créer l’illusion que le parcours est très long, en montant les images d’une certaine façon, et en déplaçant les rails à chaque fois.
ToyPro: vous suivez les canaux YouTube vous-même ?
Merijn: personnellement, je suis grand fan de Akiyuki sur YouTube. Akiyuki n’est pas vraiment constructeur de trains LEGO® mais je trouve ses créations vraiment très cools.
Un grand merci à Merijn, pour son temps et son inspiration. Vous souhaitez continuer à suivre Merijn, alias le Voisin Banane? Abonnez-vous à son canal YouTube.
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